Saison 2015

Au cours de l’hiver 2015 , la commission chantiers n’a effectué aucun travail particulier; effectivement le site du moulin est désormais propre et la boucle dite « boucle sud de Sadillac » est totalement nettoyée et accessible au public.

Ce parcours de 7,1 km comporte désormais trois compartiments de terrain distincts; une quarantaine de panneaux blancs balise cet itinéraire tout en comportant quelques indications pédagogiques et informatives:

⇔ Le premier va de la place Sainte Anne de Sadillac jusqu’au lieu dit la Forêt en passant par le Picot; ce tronçon est commun avec le parcours balisé et répertorié dit boucle nord de Sadillac (mairie – moulin de Broussilloux (faussement appelé moulin de Sadillac) – forêt des Crozes à Ribagnac – le Pigeard à Ribagnac – les trois tables – la Verdure – les Combettes -la Forêt – le Picot – Mairie.

Depuis la lisière nord de la Forêt on aperçoit au premier plan le vallon du Bonnefin avec plusieurs écarts et les villages de Sadillac et Singleyrac plus à l’ouest. Au loin se devinent Monbazllac, Pomport, etc … Ce qui est intéressant à voir depuis cet emplacement est la ligne de crêtes dite de Sadillac qui correspond à la limite de séparation des eaux entre le bassin garonnais et le bassin dordon. Effectivement, le bassin hydrographique de Garonne s’étend des sommets pyrénéens à la ligne de crête qui s’offre à votre regard et qui parait à priori insignifiante;

♦ toute goutte d’eau qui tombe au nord de cette ligne s’écoule vers le fleuve Dordogne par le Grimoudou qui se jette dans la Gardonnette;

♦ toute goutte d’eau qui tombe au sud de cette ligne rejoint le Bonnefin, puis le Réveillou, le Dropt et enfin Garonne.

Cette ligne de crête enserre le bassin garonnais, depuis le bec d’ambez la crête de Sadillac, les monts du massif central, le seuil de Naurouze et les Hautes Pyrénées.

⇔ Le second nous conduit de la lisière nord de la Forêt au moulin de Citole en traversant un très agréable sous bois puis en longeant la lisière d’un bois avant de descendre au fond du vallon des Martineaux puis de remonter vers le moulin de Citole par le Terme Blanc.

Ce circuit permet de profiter d’un superbe layon puis d’un très beau panorama orienté plein ouest et de passer près des ruines du moulin des Faures discrètement niché dans sa chênaie; à un moment donné le promeneur franchira la passerelle de la clouquette, sur laquelle il convient de s’arrêter.

A proximité de cet « ouvrage d’art » se trouve un cep de vigne très très ancien discrètement noyé dans la végétation mais remarquable par son diamètre et sa longueur qui, trahissent son âge vénérable.

Saurez vous le remarquer et le distinguer des buissons environnants?

Respectez le et contentez vous de le regarder, il mérite le respect; comment est il arrivé là et de quand date t’il? Nous n’ avons pas la réponse.

Que signifie le mot « Clouquette »?

Il y a de nombreuses années, c’était au siècle dernier, monsieur Paul SIMONET dit André et connu de tous comme le « rebouteux de Citole » possédait une parcelle de terre (prairie) près de la mare que vous venez de longer au fond du vallon qui se situe derrière vous. Eloignée de sa ferme lui et son épouse Jacqueline devaient se lever de très bonne heure pour aller y travailler (faire les foins ou y mettre les vaches en pâture) d’où le nom qu’ils donnaient à cette terre: la Clouquette.

En occitan gascon tel que le parlaient nos ancêtres, la Clouquette correspond à cette période du lever du jour précédant l’apparition du soleil (l’aube, le point du jour, entre chien et loup, …); c’est le moment où ils devaient quitter leur maison pour aller dans cette parcelle; les membres de l’association témoignent ainsi leur reconnaissance à ce couple qui est resté dans les souvenirs de tous les sadillacois et au delà de la sphère villageoise en raison des talents reconnus et appréciés du « rebouteux ».

⇔ Le troisième nous ramène du moulin de Citole à la place Saint Anne de Sadillac, point de départ de la randonnée.

Après un temps de pause au moulin de Citole, soit pour se restaurer, profiter du magnifique panorame de ce site, visiter les vestiges du moulin ou s’être abandonné à une période méditative qu’inspire le lieu, débute la marche retour.

Il s’agit de rejoindre le vallon du Bonnefin puis de le remonter vers son amont pour clôturer cette ballade. Au passage de la descente vous verrez en bordure de chemin un clapier; dans ces monticules de pierres réalisés par la main humaine venaient se réfugier les lapins ce qui servait également de piège et permettait au brave agriculteur qui l’avait édifié d’y trouver de temps en temps de quoi améliorer son menu quotidien; l’abri servant également à pièger le conil (lapin en notre ancien parler).

Le chemin qui longe le Bonnefin avait autrefois rang de route et correspondait à une portion de l’axe Bergerac Lauzun. Il est particulièrement agréable par sa fraîcheur, notamment en période de canicule; à un moment donné, ce chemin se rétrécit pour ne laisser passage qu’à une seule personne car dans les années 1970, soit dans le cadre du remembrement ou de la C.A.R.A. (organisme chargé de gestion de terres agricoles) décida de créer un fossé drainant l’eau de ce fond de vallon; de ce fait le chemin initial correspondait au parcours de ce fossé et maintenant il faut pour marcher emprunter le versant étroit du coteau.

Mais cette portion de chemin a également sa part d’histoire, pardon d’Histoire, non celle du vallon dit « du loup » dont nous ne connaissons pas les raisons toponymiques, mais car il correspond à un court passage de l’Histoire de France; en l’an de grâce 1565, le 08 août très exactement, la cour de France emprunta le chemin que vous suivez. La reine mère Catherine de Médicis avait décidé que le jeune roi mineur Charles IX se devait de visiter ses provinces afin d’affirmer l’autorité royale auprès des populations, des villes et des familles nobles de province; pendant près de 18 mois, la cour de France devint itinérante et mobile; lorsqu’elle visita la province de Guyenne la reine mère séjourna quatre jours à Lauzun puis s’en vint le 08 aout à Bergerac.

Imaginez donc que vous assistez au passage de ce cortège impressionnant de plus de 5.000 personnes: le jeune roi, la reine mère la famille royale, les grands seigneurs de la cour, l’escorte royale, la garde personnelle, le gouvernement avec tous les ministres, les ambassadeurs, les serviteurs et valets, avec chariots, carrosses, voitures, …..etc. Ils sont là devant vous et dans quelques instants vont traverser Sadillac, tout comme vous.

Mais ce Sadillac à l’époque n’était pas l’humble village qui va s’offrir à vos yeux; Sadillac était une ville, avec une population active, nombreuse, protégée par ses deux enceintes de murailles, à l’ombre de son majestueux prieuré; là nous avons des difficultés à imaginer ce que fut le passé riche de ce petit bourg.

En ce 08 août 1565, les habitants de Sadillac ignorent que leur ville est en train de connaître sa dernière heure de célébrité; moins de 4 ans après cette visite royale, c’est une armée de 2.000 hommes qui a décidé de s’emparer de cette ville puis de la détruire ne laissant aucun vestige de cette époque, hormis des ruines.

Alors ici s’achève ce circuit bucolique et une page d’Histoire du microcosme sadillacois.

Que vous soyez marcheur, cycliste, cavalier ou motard, merci d’avoir partagé cet échange, d’avoir découvert et apprécié ce petit pays;

c’est la satisfaction que recherchaient tous ceux qui, bénévoles au sein de l’association des Amis du Moulin de Citole, souhaitaient partager avec vous ce moment d’évasion.

Notre attente est désormais la suivante: que cet itinéraire soit reconnu en 2018 parmi les 24 chemins de meuniers qui seront officialisés dans notre département de Dordogne.